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Le temple d'Athéna Niké

Situation

le temple en 1982

Le temple d’Athéna Niké couronne une partie avancée du sud-ouest du rocher qui forme l’Acropole d’Athènes. A l'époque classique, c'était le seul endroit d'où la mer était visible depuis le sommet de l'Acropole, la vue étant fermée par les autres bâtiments et murs d'enceinte. Selon une version de la légende, c'est donc de là qu'Égée vit revenir le navire de Thésée avec une voile noire, et se jeta dans la mer qui porte désormais son nom, croyant son fils mort.

Construction

Ce promontoire de l'Acropole fut maçonné dès l’époque mycénienne pour former un bastion (pyrgos) protégeant l’entrée de l’Acropole. La partie inférieure comporte une double-niche permettant de déposer des offrandes. Un petit temple en pôros dédié à Athéna Niké, c’est-à-dire Athéna-Victoire, existait dès le VIe siècle ; il avait la forme d’une simple maison (oïkos) et était doté de deux autels, dont l’un situé à l’intérieur, qu’on appelle eschara (foyer). Ce temple et sa statue de culte furent détruits par les Perses en 480 av.

La construction du bâtiment du Ve n’alla pas sans difficultés : une inscription de 448 av. mentionne que le projet en est confié à Callicratès, mais les travaux semblent avoir été retardés et terminés seulement après 424. Or dans l’intervalle, la construction des Propylées a envahi une partie de l’espace, et des discussions serrées eurent lieu entre les architectes des deux bâtiments, Mnésiclès et Callicratès ; la surface du pyrgos dut être abaissée pour être raccordée tant bien que mal à celle des Propylées.

Description

Le temple, entièrement en marbre Pentélique, est constitué d’une cella plus large que profonde ; quatre colonnes se détachent sur les façades est et ouest, le temple est donc amphiprostyle. L’ordre est ionique, et le profil de la base des colonnes est repris en bas des murs latéraux. Une frise ionique continue entoure le haut des murs ; elle représente sur le côté est une assemblée des dieux, et des scènes de combats sur les autres côtés. Les frontons ne sont pas conservés, et on ignore tout de leur décoration. L’entrée se trouve du côté est, et est formée par deux piliers monolithiques ; l’espace séparant les piliers des murs latéraux était fermé par des grilles.

Le bastion était entouré d’un parapet d’environ 1 m de hauteur, dont le côté extérieur était décoré par une frise représentant une procession de Victoires.

La statue de culte, sans doute une copie d’une statue archaïque détruite en 480, était un xoanon, c’est-à-dire une statue en bois. On sait qu’elle représentait Athéna, une grenade, symbole de fertilité, dans la main droite, un casque dans la main gauche. Comme la statue était celle d’Athéna-Niké, c’est-à-dire Athéna-Victoire, certains s’étonnèrent que cette victoire fût représentée dépourvue d’ailes, contrairement aux autres statues de Victoires, oubliant qu’il s’agissait avant tout d’Athéna. De là le temple reçut son second nom, celui de la Victoire Aptère (sans ailes), et des plaisantins prétendirent que les Athéniens avaient enlevé les ailes de la Victoire pour qu’elle ne quitte pas leur cité.

Un bâtiment fragile : démolitions et reconstructions

reconstruction : mars 2007

Ci-contre : l'avancement des travaux, situation en mars 2007

Conservé jusqu’au XVIIe siècle, le temple a connu de multiples mésaventures : il fut entièrement démoli après 1687 et ses matériaux furent réemployés dans la construction d’un mur de défense. Après l’indépendance de la  Grèce, on démolit le mur, et on reconstitua le temple. Mais le bastion qui le supporte menaçant de s’écrouler, on dut démonter de nouveau le temple en 1936 pour consolider le bastion. Ces travaux furent l’occasion de la découverte de vestiges des époques antérieures. En 1998, la frise a été enlevée et placée au musée. Depuis 2001, on a dû pour la troisième fois démonter le monument : les restaurations avaient été très mal faites, la plupart des éléments, sauf les colonnes, étaient très abîmés. Il faut d’abord consolider le bastion sur lequel est construit le temple ; le soubassement de ciment sur lequel avait été reconstruit le monument du Ve siècle a été remplacé par une grille en métal inoxydable et indéformable sur laquelle ont été placées les dalles du soubassement.

Il faut attendre 2007, avant que pour la troisième fois, tel un phénix, le temple d’Athéna Niké renaisse dans le ciel athénien.

projet final de restauration

En revanche, en 2008 on pourra voir ce qui était invisible depuis la démolition de 1687 : le fronton est va être restitué. En effet, les travaux sur l’Acropole ont permis de retrouver une cinquantaine de nouveaux fragments en divers endroits (notamment dans les déblais de la Pinacothèque et de la maison des arrhéphores). Il est prévu de restaurer la corniche, de placer un moulage de la frise, le fronton est, et trois des six bases d’acrotères (sommet du fronton est, angles nord-est et sud-ouest) ainsi qu’un certains nombres de gargouilles en forme de têtes de lions.

Liens

Un diaporama du temple d'Athéna Niké et de son environnement peut être vu sur le site stoa.org.

Une reconstruction virtuelle est visible sur le site reconstructions.org.