Agora d’Athènes : un trésor monétaire
L'école américaine d'archéologie a découvert en 2005 plusieurs kilos de pièces d'argent sur l'agora antique d'Athènes ; la plupart des monnaies sont du IVe siècle, et 45 remontent au Ve siècle av. JC.
2005 Le torse en marbre de 1,8 m d'une statue romaine (probablement une copie d'un original grec du IVe siècle représentant Apollon Lykéios) a été remarqué par un passant dans un ruisseau de Phalère, faubourg d'Athènes. La statue aurait pu être trouvée lors de travaux et jetée là pour éviter l'interruption du chantier.
Théâtre de Dionysos : le théâtre est en cours de restauration, ce qui a permis de retrouver en 2005 la base de la statue d'Astydamas. Ce poète tragique, vainqueur du concours en 340 av et très populaire, se vit décerner une statue de son vivant ; il voulut que la statue figurât dans l’enceinte du théâtre, ce qui fut refusé par la Boulé ; on trouva un moyen terme : la statue, en bronze, devait être placée près de la parodos ouest du théâtre, où on a effectivement retrouvé sa base, avec une partie de l’épigramme qu’Astydamas avait rédigée lui-même ; elle était si excessivement élogieuse (il se mettait au même rang que les trois grands tragiques du Ve siècle) qu'il eut un procès et fut condamné à une amende (cf. Diogène Laërte, II, 5, 3)
Un congrès international s’est tenu à Athènes du 19 au 21 octobre 2006, consacré à Athènes sous la domination romaine. Ce fut l’occasion d’évoquer des découvertes dues essentiellement aux travaux de ces dernières années pour la construction du nouveau musée de l’Acropole. Une étude a présenté des statues permettant d’en savoir plus sur les cultes orientaux à Athènes, et de les mettre en liaison avec des découvertes remontant au XIXe siècle (notamment des dédicaces). L’archéologue I. Triadi a présenté une statue acéphale d’Artémis d’Éphèse (qui pourrait avoir été importée d’Asie pour faire l’objet d’un culte privé), une statue d’Isis Panthéa (avec des attributs appartenant habituellement à plusieurs divinités différentes : l’égide d’Athéna, le serpent d’Hygie, etc.), une statue de Zeus Héliopolitain (le premier exemplaire connu à ce jour en Grèce) ; ces deux dernières statues semblent avoir appartenu à des cultes publics.
A. Horemi a présenté de son côté des bustes figurant des êtres humains : celui d’un jeune homme couronné de myrte trouvé place Lysikratous, près du théâtre de Dionysos, et qui pourrait représenter un prêtre de Dionysos (daté vers 180-195 ap), un remarquable portrait en marbre pentélique d’Hadrien couronné de laurier, trouvé près de l’agora romaine (daté du séjour de 128-9 de l’empereur à Athènes) et le portrait d’un philosophe, probablement Anaximandre. Mais c’est surtout un buste d’Aristote qui a attiré l’attention, le plus remarquable de la vingtaine d’autres portraits connus à ce jour du Stagirite. Le buste représente un homme d’une soixantaine d’années, au front ridé, au regard pénétrant, au menton volontaire, et surtout avec le nez busqué que lui attribuent les sources textuelles mais qui n’apparaît sur aucun des autres portraits connus ; le buste est daté du I-IIe ap, mais est sans doute une copie de qualité d’un original de la fin du IVe ; trouvé dans le terrain de Makryianni, il ornait probablement le jardin d’une maison privée.
Baie de Zéa : les recherches de l’école danoise d’archéologie permettent de mieux connaître le port de Zéa, qui pouvait abriter jusqu’à 200 navires de la taille d’une trirème ; les hangars mesuraient 60 m de long, et non 45 comme on le croyait auparavant ; il est par ailleurs apparu que le niveau de la mer s’est élevé de deux mètres depuis l’Antiquité dans cette zone. En savoir plus sur Zea Harbour Project (site en anglais)
Quant au port antique du Phalère, le premier port d’Athènes, des travaux en 2005 dans le quartier actuel du « Vieux Phalère » en ont probablement fait apparaître les vestiges, à 350 m du bord de mer moderne ; les vestiges s'étendent de l'époque mycénienne au Ve siècle av, date à laquelle le port d'Athènes fut transféré au Pirée.
Dans le cimetière protohelladique de Tsépi, deux nouvelles tombes ont été trouvées en 2005.
Les recherches de 2005 confirment l’existence de deux ports antiques, à l’est et à l’ouest de la forteresse, ports détruits au cours des siècles par les alluvions de cours d’eau.
C'était le plus gros dème (division administrative) de l'Attique dans la répartition de Clisthène. Au vu des découvertes d'inscriptions dans les siècles passés, on supposait que le territoire du dème se trouvait sur la commune actuelle de Ménidi (à une douzaine de km au nord d'Athènes) qui a d'ailleurs été rebaptisée Acharnes. Des travaux dans la rue centrale de l'agglomération ont fait apparaître en février 2007 les gradins d'un théâtre, qui à première vue serait daté du IVe av. C'est le septième théâtre connu sur le territoire d'un dème attique. Les archéologues attendent beaucoup des fouilles à venir, d'abord car l'édifice semble en bon état et peut être décoré de statues et inscriptions, et surtout on pourrait enfin avoir une certitude sur l'emplacement du cœur du dème d'Acharnes, voire découvrir d'autres édifices civiques et religieux.
À Voula, dans la banlieue sud d'Athènes, c'est une agora antique qu'ont mise à jour des travaux en mars 2007. Sur une surface de 1500m² on a dégagé un bâtiment principal de 25 m de côté, comportant une cour carrée au centre de laquelle une citerne circulaire est taillée dans le roc ; le bâtiment comporte une douzaine de pièces, dont l'une, de plan bipartite, pourrait être un sanctuaire rural, tandis que les autres seraient des boutiques. Les objets recueillis (monnaies, céramique) amènent une datation à l'époque classique (Ve-IVe siècles). Il pourrait s'agir de l'agora du dème côtier de Hales Aexônides, de la tribu Cécropide.
A Kanakia, au sud-ouest de l’île, une acropole mycénienne est en cours de fouilles depuis 2000. Cette acropole comporte un ensemble palatial fortifié dont le bâtiment principal comporte 33 pièces réparties sur une surface de 750 m² et quatre niveaux différents ; on y a repéré un double mégaron, comparable à celui de l’acropole mycénienne de Midéa. Il y avait également une ville basse, et le site jouissait de deux ports naturels. Les objets trouvés au cours des fouilles attestent des relations avec la Méditerranée orientale : de nombreux objets anatoliens et chypriotes dont un fragment de talent en bronze, et surtout une exceptionnelle lamelle de cuirasse en bronze de type anatolien comportant un cartouche au nom de Ramsès II. L’ensemble a connu son apogée au XIIIe siècle et aurait été abandonné vers 1200 av., sans qu’il y ait trace de destruction violente.
Par ailleurs, le géographe Strabon (IX, 1, 9) mentionne une vieille ville déserte à son époque au sud de l’île. Par ailleurs une inscription du Ier av. trouvée sur l’Acropole d’Athènes fait état d’un site appelé Kychréia dans cette partie de Salamine, que les archéologues et voyageurs cherchent à identifier depuis le XIXe siècle.
I. Lolos, l’archéologue qui dirige les fouilles, établit le lien avec la tradition selon laquelle après la guerre de Troie des habitants de Salamine l’avaient quittée pour aller fonder la cité homonyme de l’île de Chypre (fondée au XIe av.) ; il ne manque pas d’ailleurs de rappeler que Salamine est le royaume du héros de la guerre de Troie, le « grand » Ajax, fils de Télamon. La découverte de ce palais semble en tout cas confirmer l’existence de royaumes insulaires à la fin de l’âge du bronze.
Les nécropoles de Salamine ont fait l’objet d’exposés fin juin 2006, notamment parce que ce la fut l’occasion d’étudier des tissus antiques, qui attirent rarement l’attention mais ouvrent de nouveaux champs d’investigations, grâce à l’empli du microscope électronique. A Kamatero, on a trouvé dans une urne cinéraire en bronze du Ve siècle av un linceul composé de deux toiles, une en laine et une en lin. Dans la nécropole mycénienne d’Aghia Kyriaki un fragment de tissu a été retrouvé, décoré d’une perle en stéatite et une en pâte de verre. A Ambelakia, un miroir en bronze reposait sur la poitrine d’une jeune défunte ; la corrosion du métal a permis de conservé la marque du vêtement et même de l’épiderme de la jeune fille (Ve av).
En 2004 des fouilles menées sur un terrain privé près de la "Porte d'Électre" ont fourni une moisson abondante de vestiges s'étendant de l’âge du bronze à la fin de l'époque byzantine. On a constaté la présence d’une sorte d’héroôn bâti sur des vestiges mycéniens, et qui fut en usage de la fin du VIIIe siècle jusqu’en 480 av. Des restes architecturaux semblent appartenir à un temple du VIe siècle. Parmi les découvertes importantes : les vestiges d'un immense autel avec des restes calcinés mêlés à des objets allant du VIIIe au VIe siècle av., et que l'on est tenté d'identifier comme l'autel d'Apollon Spondios dont Pausanias dit qu'il se trouvait vers la "Porte d'Électre", de nombreux vases intacts (environ 380), des statuettes votives d’Héraclès (notamment un petit bronze le représentant luttant contre un lion), des dédicaces à Héraclès et une à Mégara (épouse d’Héraclès), des statues du VIIe (une koré de style dédalique) au Ve av, etc. On pense qu’il s’agit de l’emplacement mythique de la maison natale d'Héraclès, devenu lieu de culte. Le palais d’Amphitryon pourrait être tout proche.
Un agriculteur a découvert en 2004 dans son champ de coton les vestiges du trophée célébrant probablement la victoire de Lucius Cornelius Sulla sur Mithridate VI roi du Pont à Orchomène en 86 av. JC. Le trophée se présente comme une colonne en forme d'arbre portant des armes prises à l'ennemi. Il va être restauré.
Un sanctuaire de divinités féminines de la végétation a été dégagé à l'ouest d'Orchomène, sur une étroite bande de terre située entre le mont Akontion et le Céphise béotien. Le site (des vestiges de murs) avait été repéré dans les années 1950 mais a fait récemment l'objet de fouilles dont les premiers résultats sont connus en mai 2007. Les vestiges architecturaux sont maigres (murs, périboles hypèthres) mais la quantité d'offrandes, datées entre le début du classicisme et l'époque hellénistique) est impressionnante : il s'agit par milliers de petits vases, de statuettes en terre cuite représentant des femmes debout ou assises, des bustes féminins, des lampes, des skyphoi, des canthares…
L'identité des divinités n'a pas été déterminées avec certitude, mais on sait qu'Orchomène avait un culte ancien des Charites (Pausanias IX 38, 1) ; or on a retrouvé sur le site un peson de tissage portant le nom d'Eurynomé (qui est aussi celui de la mère des Charites…)
Une nécropole antique a apparemment occupé le site quand le culte est tombé en désuétude.
Une villa romaine a été découverte en plein centre ville, remarquablement décorée de fresques murales et de mosaïques représentant des masques de théâtre. Une passerelle va être installée pour qu’elle reste visible du public.