Découvertes archéologiques dans le monde grec insulaire.
Un programme d’élaboration d’une cartographie des antiquités sous-marines par l’utilisation d’un sonar a permis d’importantes découvertes dès avril 2004. Un navire datant du IIe siècle avant J-C, a été repéré entre 30 et 55 mètres de fond près de Samos. Une seconde épave appartenant à un navire du milieu du IVe siècle av., détectée à 60 m de profondeur, au large de Chio et d'Oinoussa, a fait l’objet d’études en 2005 grâce au robot sous-marin automatisé SeaBED qui a pris 7650 clichés numériques (un travail qui aurait demandé des mois à des plongeurs) permettant de dresser une cartographie de l'épave. Celle-ci, qui provenait de Chios, comportait une cargaison d'un millier d'amphores contenant de l'huile d'olive et surtout du vin. Plus d'informations sur l'analyse des amphores retrouvées.
Au cours de l'été 2006, des explorations sous-marines ont eu lieu dans une région peu étudiée jusque-là, le sud de l'île d'Eubée. Résultat annoncé en octobre 2006 : on a détecté 5 épaves, dont 4 chargées d'amphores, au large du rivage de Nea Styra, à une profondeur d'environ 25 m ; un lieu de mouillage a aussi été repéré. Le mobilier relevé dans la zone est daté du Ier au XIe siècle ap. JC.
Sur l'île de Tinos, près du sanctuaire de Poséidon, on a retrouvé en 2005 une tour et une partie du rempart du IVe av.
Les fouilles menées en 2005 confirment bien que l'antique Aighila, ville fortifiée de l'île d'Anticythère, était un refuge pour des pirates jusqu'en 67 av. JC. L'examen du terrain indique qu'il y eut un siège victorieux (présence de nombreuses armes, murs endommagés par des projectiles et mal réparés, ...)
Cet îlot situé à l’ouest d’Antiparos était déjà connu pour ses vestiges proto-cycladiques. De plus sur le site de Mandra, des fouilles sont menées sur un site archaïque depuis 1997. Les recherches sont d’autant plus intéressantes que l’îlot est resté longtemps inhabité. De nombreux vestiges architecturaux et épigraphiques, réutilisés dans des constructions ultérieures, indiquent qu’il y avait un temple archaïque consacré à Apollon, dont on n’a pas retrouvé les fondations. Les fouilles ont en revanche fait apparaître un ensemble de bâtiments cultuels, en particulier un de 5 pièces dont deux constituent un sanctuaire double d’Apollon et Artémis Isthmia (= protectrice des marins) et qui contenaient la base d’une statue de culte et de nombreuses offrandes ; il y a également un autel d’Artémis Isthmia et on a retrouvé une vasque en marbre offerte par un dénommé Mardis (nom d’origine orientale). L’endroit où l’on espérait retrouver le temple a en réalité fait apparaître en 2004 une construction en hémicycle de grandes dimensions. Beaucoup d’objets variés (en céramique, bronze, ivoire, marbre…) de provenances diverses (Anatolie ionienne, Égypte…) Parmi les éléments archaïques réemployés dans les constructions ultérieures, on a trouvé en 2005 trois fragments de kouroi, dont une tête.
Sur le cap de Plaka, au sud-ouest de l'île d'Andros (Cyclades), des vestiges font pressentir l'existence d'une grande ville de l'âge du Bronze Moyen (vers 2000-1900 av) ; les archéologues ont dégagé en 2005 au moins 4 bâtiments, dont l'un conservé jusqu'au premier étage, une route et une petite place, ainsi que de nombreuses pièces de céramique et des outils en pierre. Des dessins sur roche, par exemple des bateaux et des signes symboliques, semblables à ceux trouvés sur un autre site de l'île, à Strophila, au sud-ouest, laissent supposer que le site était occupé dès l'époque néolithique.
Cette petite île située près de Naxos et Mykonos semble avoir joué un rôle capital dans la civilisation cycladique. Depuis une cinquantaine d’années, les figurines cycladiques du IIIe millénaire av. ont un grand succès sur le marché de l’art, avec comme corollaire un important trafic clandestin. Résultat, 60% des figurines répertoriées (à peu près 1400) ont une origine connue, or la moitié environ provient de Kéros. Second mystère, beaucoup de figurines sont brisées. Pour en avoir le cœur net, une équipe gréco-britannique dirigée par Colin Renfrew a entrepris au printemps 2006 une campagne de fouilles à Kavos, sur un site de l’île où on a trouvé un lot de statuettes ayant échappé aux clandestins. Les premières conclusions montrent que les figurines ont été brisées dans l’antiquité, avant d'être importées à Kéros depuis Naxos, Amorgos, Syros, voire la Grèce continentale. Kéros paraît avoir joué le rôle de grand sanctuaire insulaire, car les trouvailles ne semblent pas avoir une origine funéraire. Quant à la fonction exacte des figurines, elle reste mystérieuse.
Les fouilles de 2005 de Fourni Afiartis sur l'île de Karpathos ont permis de dégager plusieurs bâtiments minoens qui semblent avoir été abandonnés suite à un séisme majeur : on a trouvé un toit de maison écrasé par une chute de pierres, et un autre mur bâti devant la maison détruite ; parmi le mobilier : des meules de pierre, de la céramique… Le site fut réoccupé à la fin de l'époque romaine, et de nouveau détruit par un séisme.
Un pêcheur de Kalymnos a remonté en mai 2005 dans ses filets le torse d'une statue équestre acéphale en bronze ; la statue, haute de 95 cm pour ce qu'il en reste, porte une cuirasse et une tunique, mais est très abîmée par des micro-organismes. Des fouilles plus poussées ont permis de récupérer d'autres fragments de bronze ainsi qu'une amphore fabriquée à Cnide au Ier av. Il pourrait s'agir de la cargaison d'un navire ayant fait naufrage dans l'antiquité.
Près de Psalidi, à l’est de la ville principale de Kos, des travaux ont fait apparaître un sanctuaire hypèthre (i.e. sans toiture) consacré à une divinité féminine, peut-être la Grande Déesse. Outre les vestiges architecturaux, on y a trouvé une grande quantité de figurines, offrandes et des objets d’origine égyptienne. Le site semble avoir été en fonctionnement du XIIIe au Ve siècle av. JC. La découverte est d’autant plus importante que les autres vestiges retrouvés jusqu’à présent sur l’île n’étaient pas antérieurs à l’époque géométrique.
Poros, sanctuaire de Poséidon à Calaurie (Kalauria) : www.sia.gr/kalaureia/default.asp?nc=4411&id=1
Ce site minoen s’est particulièrement développé avec l’arrivée des Mycéniens en Crète. Dans le faubourg d’Aghios Ioannis les archéologues grecs ont découvert 50 tombes de la fin de l’époque minoenne (entre 1400 et le début du XIIIe siècle). Des tombes de guerriers ont fourni des armes en bronze. Les fouilles de 2005 ont livré de multiples résultats : traces d'occupations allant du VIIe av à l'époque impériale dans un quartier, nécropole du IVe dans un autre, et surtout les preuve d'un violent incendie vers 1450 av, une amphore comportant une inscription en linéaire B, et des tablettes en linéaire A.
La cité fortifiée d'Aptère, près de La Canée, fondée au VIIIe av et détruite par un séisme au VIIe ap, connut sa plus grande prospérité aux époques hellénistique et romaine. Mais le nom d’Aptera apparaît déjà sur une inscription en linéaire B de Cnossos.
Les fouilles de la forteresse en 2005 ont permis de remarquables découvertes. Les recherches qui ont porté sur la zone occidentale du site ont fait apparaître : 1) Les fortifications de la 2ème moitié du IVe av : la muraille orthogonale, une tour, une des portes principales ; des traces d'un siège (armes, balles de frondes…) remontant à l'époque hellénistique ont été repérées. 2) Des sépultures de nouveau-nés, dont un prématuré, du IVe av. 3) Deux tombeaux d'époque romaine, de la fin du Ier ou du début du IIe ap, dont un particulièrement luxueux : un escalier conduisait à une antichambre, la pièce principale souterraine était aménagée pour recevoir 4 sépultures ; la tombe avait été pillée à l'époque chrétienne mais contenait encore de nombreux objets : statuettes de femmes et d'Éros, objets en verre et en céramique, lampes...
Plus d'informations sur Aptère (en anglais) : www.just-crete.co.uk/
En 2005, les archéologues italiens qui fouillent le site de Gortyne, dégagent un théâtre romain daté entre le IIe et le IVe s ap près de l'église Haghii Deka ; ils ont découvert avec leur base deux statues grandeur nature qui décoraient le théâtre. Il s'agit d'une statue complète d'Athéna et d'une statue d'Héra dont il manque la tête. La statue d'Héra a été malencontreusement brisée en trois morceaux par une chute peu après la découverte, ce qui a failli déclencher un imbroglio diplomatique entre Grèce et Italie. D'autres éléments de la décoration du théâtre pourraient être dégagés prochainement.
Ierapetra, au sud-est de la Crète, Ierapytna dans l'antiquité, fut une cité puissante particulièrement aux IIe-Ier siècles av et s'opposa farouchement à l'avancée des Romains. Ceux-ci l'occupèrent cependant, détruisirent les anciens bâtiment et rebâtirent une ville selon le modèle romain.
Le point sur les fouilles 2001-2006 : dans le quartier de Loutra, à l'ouest de la ville, la fouille de la nécropole d'époque impériale (I-IIe ap) a fait apparaître 32 sépultures, dont une amphore contenant le squelette d'un enfant, et de vases et de nombreux ustensiles utilisés pour des banquets funéraires.
La découverte d’une ville minoenne à 1200 m d’altitude sur le mont Psiloritis fut une des surprises archéologiques des années 1980. Des fouilles ont eu lieu entre 1983 et 1990, révélant comme principale découverte une importante construction, appelée le bâtiment central, d’une surface d’environ 1400m², et datant de l’époque minoenne récente, avec plusieurs phases de construction.
De nouvelles investigations sur une plus vaste échelle ont repris en 2004 et sont prévues jusqu’en 2008, pour examiner et exploiter le matériel des fouilles précédentes et poursuivre les recherches. On peut en savoir plus sur le site du projet Zominthos : www.zominthos.org/project/index.html
Pour connaître les 147 cités antiques de Crète, visitez le site kairatos.com (en grec et en anglais) : www.kairatos.com.gr/cities.htm
Le site de Kommos : http://www.fineart.utoronto.ca/kommos/kommosIntroduction.html
Les prospections de l'Ecole Française d'Athènes à Itanos : A. Duplouy (éd.), Prospection Itanos. Base de données en ligne, http://prospection-itanos.efa.gr/
On a appris en avril 2007 la découverte d'importants vestiges romains à Fiskardo, sur l'île ionienne de Céphalonie, lors de travaux de construction sur un terrain privé.
Il s'agit tout d'abord d'un hémicycle, peut-être un petit théâtre ou un odéon, assez bien conservé, de petite taille : l'orchestra a un diamètre de 5,45m, et le bâtiment dans sa totalité une largeur de 7,65m ; il ne comporte que 4 gradins, au sommet desquels se trouve, fait inhabituel qui introduit un doute sur la fonction réelle de l'édifice, une exèdre quadrangulaire, peut-être une sorte de loge. Le bâtiment est daté du IIe ou du IIIe siècle ap. JC.
A proximité on a aussi mis au jour une grande chambre funéraire romaine contenant trois sépultures, dont un sarcophage en pierre et une grande tombe voûtée avec une façade architecturale dans laquelle on pénétrait par une porte toujours en parfait état de fonctionnement. Les tombes, inviolées, ont fourni beaucoup de mobilier : boucles d'oreilles et anneaux en or, feuilles d'or, nombreux objets et monnaies en bronze, vases en terre cuite et en verre….
Des vestiges romains (maisons, thermes, tombes) avaient déjà été trouvés tout près de ces nouvelles découvertes, ce qui conduit les archéologues à supposer que Fiskardo était un relais important entre l'Italie et la péninsule hellénique pour les Romains. Le "théâtre" est le premier bâtiment de ce type trouvé dans les îles Ioniennes.