Pella : poursuite de la fouille du palais royal et de ses environs. Le palais lui-même (où est né Alexandre le Grand) avait une superficie de 400X160m. A l’intérieur on a fouillé des salles de banquets, à l’extérieur une palestre pour l’éducation des jeunes gens de l’aristocratie et de la famille royale. Le palais a fourni aussi de nombreuses monnaies à l’effigie des rois de Macédoine. Dans la ville elle-même, à l’écart de l’agora, l’atelier d’un céramiste en fonctionnement de la fin du IVe à la fin du IIIe av a été découvert.
Nécropole d'Archontiko (près de Pella) : dans cette très riche nécropole macédonienne en usage dès le VIe av, 43 sépultures ont été fouillées cette année, dont celle d'un jeune homme initié aux mystères dionysiaques.
Vergina : on revient sur la couronne trouvée dans un récipient funéraire du même métal. Il s’agirait de l’urne funéraire d’un jeune prince, peut-être Héraclès, fils bâtard d'Alexandre le Grand et d'une princesse perse. Le palais royal a fait l'objet de nouvelles études. La façade comportait un portique à deux étages (inhabituel au IVe av) dont les proportions seraient fondées sur le nombre d'or ; on émet l'hypothèse que l'architecte du palais serait le même que celui du mausolée d'Halicarnasse, Pytheos.
Territoire de Tymphée (sur les pentes du Pinde) : on a fouillé des bâtiments de la fin du IVe siècle av. La ville (dont le nom antique reste inconnu) fut occupée de la fin du IVe jusqu’à la conquête romaine.
Kilkis : Une nécropole, datée du 2e au 4e siècle ap, a été mise à jour récemment lors des travaux sur la ligne de chemin fer Idomeni-Polycastro, près de Kilkis (NE de la Grèce). Cette nécropole des périodes hellénistique et romaine est composée de 110 tombes. La présence aussi de statuettes non décorées du 2e s. av. n. ère est un indice curieux et précieux à la fois, puisque ces objets à caractéristiques préhistoriques sont découverts pour la première fois dans une nécropole hellénistique sur sol grec.
Thessalonique : les fouilles liées aux travaux du métro ont permis la découverte de 8 couronnes en or d'époque hellénistique dans la cimetière qui se trouve près de l'actuelle université. La fouille de la Toumba, le site le plus ancien de la ville, montre qu'un habitat y fut créé en 2100 av JC et qu'il fut l'habitat le plus important de la région à l'époque du Bronze Final. Au sud-est de la ville, à Karambournaki, on a trouvé un atelier de métallurgie (fer, bronze, or) remontant au moins au VIIe av.
Potidéia (antique Cassandra, en Chalcidique) : la fouille de la villa rurale d'un riche officier romain se poursuit ; on y a trouvé notamment une statue acéphale en marbre d'Artémis.
L'arrestation en février 2006 de trafiquants essayant de vendre des antiquités romaines probablement trouvées à Komotini amène à s'interroger sur la fondation de cette ville de Thrace. On pensait qu'elle remontait à l'époque byzantine, mais les trouvailles clandestines pourraient suggérer une date nettement plus ancienne.
On a découvert en 2004 à proximité du théâtre un bâtiment composé d’une cour entourée de 5 pièces, avec des monnaies et des objets attestant des échanges avec Thasos, la Chalcidique et le sud-est de l’Égée (Rhodes, Cnide). La cité a connu un grand développement au IIIe siècle av., avant d’être détruite par Philippe V.
Les fouilles de 2004 dans une des nécropoles de l'île de Thasos ont fait apparaître de remarquables bijoux en or, dont des boucles d'oreille décorées de dauphins miniatures, de fleurs, de Victoires ; s'y ajoutent des objets en argent, des figurines, de la céramique en quantité, et des squelettes en bon état qui vont être soumis à une étude anthropométrique. La plupart des vestiges sont du IVe s. av. JC.
Des repérages de surface dans les zones montagneuses, menés depuis octobre 2006, ont permis la localisation de plusieurs fermes et installations viticoles, comportant en particulier des pressoirs à vin de grandes dimensions (1m de haut) et bien conservés à Kambos (à 500 m d'altitude), près de Kastro Liménaria (au sud-ouest de l'île) ; les pressoirs ont été en usage de l'époque hellénistique à l'époque byzantine. Cette découverte confirme la célébrité du vin de Thasos dans l'antiquité et son rôle dans l'économie de l'île.
Le site antique d'Argilos, colonie d'Andros fondée au milieu du VIIe siècle à l'embouchure du Strymon, en pays thrace, habitée jusqu’à l’époque hellénistique, est fouillé depuis 1992 par une équipe helléno-canadienne. La campagne de fouilles de 2005 a mis en évidence l'activité minière, grâce à la découverte d'un four à métaux du VIe av. Des travaux de restauration sont en projet pour un bâtiment à deux niveaux de l'acropole et des maisons. Pour plus d’informations, voir le site Internet de la mission archéologique : www.argilos.org/Index.html (en grec, anglais, français).
Le site de l'antique Vergé a été identifié en 2005 à Néo Skopo (avec une occupation attestée de la fin du VIe siècle av à l'époque romaine) ; pour le cimetière paléochrétien de Mégali Volvi, près du lac de Volvi, fouillé en 2005, on remarque la permanence de la crémation aux Ve-VIe siècles ; un temple hypèthre d'Apollon et Artémis du IIe ap à Mavros Vrachos a été fouillé en 2005 ; à Gazoro, on a fouillé en 2006 une maison hellénistique du IIIe av. Elle comporte en particulier de grandes jarres ce qui laisse penser que le bâtiment était surtout consacré au stockage de provisions.
L’antique Scioné est une cité-état fondé à la fin de l’âge du bronze, qui resta indépendante jusqu’à ce qu’elle fût soumise par Philippe II de Macédoine en 348 av. Les fouilles de 2003 dans la nécropole ont permis la découverte de 18 tombes d’enfants de la période 520-480. Ces enfants devaient appartenir à des familles fortunées, vu la richesse du matériel funéraire, parmi lequel on citera 200 vases à figures noires, et des figurines en argile représentant notamment des animaux.
Kalamoto (près de Zangliveri) : la fouille de l’antique Kalindria a fait apparaître en 2004 les vestiges d’un temple consacré au culte impérial. Parmi les vestiges trouvés : de nombreux fragments de statues en marbre et en bronze, une tête d’Athéna portant un casque corinthien, une dédicace à Trajan. On pense qu’une statue d’Auguste découverte en 1961 provient du même bâtiment.
24 tombes du cimetière ouest antique de Thessalonique, dans le quartier de Neapoli, ont été fouillées en 2004. Elles datent du IIIe s ap. au VIe ; la plupart comportent une chambre voûtée et à la surface une stèle avec le symbole de la croix ; la plupart ont été pillées.
En 2005, des travaux dans la banlieue nord de Thessalonique (à Stavropouli) ont fait apparaître la sépulture d'une jeune fille datée de la seconde moitié du IVe siècle av. JC. Déjà partiellement découverte il y a 4 ans, la tombe a livré, outre le squelette, des vases, des bijoux (dont des boucles d'oreilles avec des têtes de lynx en calcédoine, un collier, une bague en or, un collier en bronze doré.) La construction de la nouvelle mairie a amené des fouilles préventives en 2006 sur le site d'une ancienne nécropole ; plusieurs tombes d'époque hellénistique et romaine ont été repérées (et seront recouvertes par les constructions prévues.)
En août 2006 ont commencé les travaux de creusement d'un métro dont la longueur sera de plus de 9 km. Les découvertes étaient inévitables, et des accords ont été passés pour conduire les fouilles en harmonie avec le chantier de construction. Les premières découvertes sont rendues publiques depuis mars 2007 : les fouilles du cimetière est ont fait apparaître 35 tombes, datées du IIIe av au IIIe ap, ayant livré des vases en terre cuite et en verre, des bijoux en or et en bronze, des monnaies, une stèle funéraire avec le nom du défunt (Epitherses Philonos Methemnaios) ; le creusement de plusieurs stations en centre ville a livré des sols, murs, canalisations d'époque romaine ; des bâtiments de l'époque ottomane ont été également mis au jour.
Une tombe exceptionnelle d'une taille inhabituelle (63 m²), comportant huit chambres souterraines taillées dans la roche, aux murs peints de couleurs, a été découverte début 2006 près de Pella. Datant de l'époque hellénistique (IIIe-IIe av), la tombe fut pillée dans l'antiquité, mais on y a trouvé quand même de la céramique, des monnaies de cuivre, une paire de boucles d'oreille.... Plusieurs inscriptions ont été découvertes, mentionnant le nom des défunts, notamment trois femmes : Antigona, Kléonikè, Nikostratè.
Quant à la nécropole d'Archontiko, près de Pella, en Macédoine, fouillée depuis 2000, elle continue à fournir des trésors. Au total 141 sépultures d'officiers macédoniens (fin IVe, début IIIe siècle av.) enterrés avec leurs armures, des masques et autres ornements en or ont été dégagées. Tout près de là, une autre nécropole a livré 545 tombes, du VIIe au IIIe s, avec un matériel très luxueux ; ces trouvailles indiquent l'importance du site d'Archontiko avant la fondation de la nouvelle capitale macédonienne à Pella au cours du IVe s. av.
Les fouilles de 2006 ont d'autre part permis de constater que Pella n'avait pas été totalement abandonnée pour un nouveau site au Ie s av;, comme le suggéraient la disparition des sources écrites la concernant. La cité était toujours bien vivante jusqu'au IVe ap comme le montrent des bâtiments dégagés au sud de la ville, parmi lesquels des thermes romains.
Les fouilles de 2006 ont porté d'abord sur la nécropole. Alors que le haut archaïsme et l'époque postérieure au Ve siècle étaient jusque-là bien documentées, le VIe siècle restait inconnu, une lacune comblée désormais par une série de tombes, datées du début du VIe au début du Ve siècle, situées à proximité du tumulus des tombes royales. Beaucoup ont été pillées, mais on peut quand même étudier les liens avec le reste de la Grèce et les productions locales, et évaluer un niveau de vie assez élevé pour les défunts, probablement des aristocrates et des guerriers. En outre l'archéologue Angeliki Kottaridi pense que la tombe dite de Romaios (du nom de l'archéologue qui l'a fouillée) est celle d'une femme de la dynastie royale, qui serait Thessalonikè (demi-sœur d'Alexandre le Grand et épouse de Cassandre). Par ailleurs au nord-ouest de la ville un bâtiment public de grande taille a été localisé ; sa fonction n'est pas connue, mais il est resté en usage jusqu'au Ier s. ap, alors que le palais avait été détruit par les Romains.
Après la découverte spectaculaire d'un sanctuaire de Zeus Hypsistos au cours de l’été 2003, les trouvailles se poursuivent à Dion. L’examen du théâtre hellénistique, où se tenaient des Dionysies lors des « jeux olympiens », a permis de mettre en évidence les emplacements des machines utilisées lors des représentations : la grue, qui permettait l’apparition du deus ex machina, le théologéion où se tenaient ensuite les dieux, les periakta, dispositifs pour faire pivoter les panneaux de bois du décor ; l’escalier infernal, un souterrain partant derrière la scène, et qui permettait l’apparition des dieux infernaux. D’autre part sur le côté nord de l’agora, un magasin d’articles de luxe a été découvert, contenant des objets de valeur : 130 monnaies de bronze de la première moitié du IIIe ap., des récipients en verre, des oinochoés en bronze finement décorées, de nombreux objets en cuivre et en os. La boutique est datée de l’époque des empereurs philalexandres, Caracalla, Alexandre Sévère, Gordien III, Philippe l’Arabe qui admiraient particulièrement Alexandre le Grand et pour cette raison chérissaient le sanctuaire de Dion.
La campagne de fouilles de 2005 sur le site de Dion a porté sur le rempart, dégagé sur une longueur de 2600 m. Construit d'abord sous Cassandre, à la fin du IVe siècle, le mur perdit son intérêt défensif, la cité n'étant pas menacée ou la paix régnant, mais dut brutalement être remis en usage au milieu du IIIe siècle ap. lors de premières invasions barbares. A cette époque on reconstruisit à la hâte le mur en utilisant de nombreux vestiges des époques antérieures, c'est ainsi que l'on y a retrouvé entre autres des fragments de statues de dieux (Zeus, Héphaïstos, probablement Dionysos), des inscriptions en grand nombre, dont une dédicace en latin à Jupiter Capitolin et à Mars, et une stèle évoquant le culte d'un héros nommé apparemment Kandylidas.
En 2006 on a découvert, en réemploi dans le rempart tardif, une statue acéphale d'Héra assise, que la taille, la date (IIe ap) et l'apparence permettent de rapprocher de celle de Zeus du sanctuaire de Zeus Hypsistos découvert en 2003. Le sanctuaire était fréquenté non seulement par les Grecs, mais aussi par les Romains qui y adoraient Jupiter Optimus Maximus. Cette découverte laisse à penser que l'on aurait pour la première fois sur le sol grec le culte de la "Triade Capitoline" ; reste à trouver alors le 3e élément de la triade, une statue d'Athéna-Minerve...
Des stèles funéraires d'époque romaine ont été trouvées sur la route entre Métamorphosi et Vatéros, en un lieu où un site a déjà été repéré en 2003, avec des vestiges remontant au VIe av et en particulier les plus anciens témoignages de céramique attique trouvés en Haute Macédoine.
Le tracé de la moderne autoroute (Egnatia Odos) rencontre bien souvent celui de l’antique voie romaine tracée entre 148 et 120 av. JC. Un nouveau tronçon en a été dégagé près de Komotini, en Thrace, en 2005, ce qui a été l’occasion de faire le point sur cette réalisation. D’une largeur pouvant atteindre 9 m, la route comportait des murets de pierre sur les côtés et en son centre (il y avait donc deux voies) ; il y avait des auberges séparées par des distances de 50 à 64 km, des relais pour les chevaux séparés par des distances de 11 à 23 km, et un certain nombre de postes de garde ; les conducteurs de char tenant les rênes de la main droite et le fouet de la main gauche, on pense qu’ils roulaient à gauche pour ne pas blesser les voyageurs circulant en sens inverse. Des découvertes ont aussi été faites en 2005 à Néa Karvali, près de Kavala. Sur une colline, les traces d'un site fortifié de la 2ème moitié du IVe av ont été dégagées (murs, porte sud protégée par une tour, porte principale nord protégée par deux tours). On attribue à Cassandre ces fortifications, dans l'intention de surveiller la route principale vers l'orient, route qui précéda la voie romaine. Le site est probablement celui de l'antique Akontisma, cité dans les sources d'époque romaine comme un relais important sur l'antique via Egnatia, à l'est de l'antique Néapolis, aujourd'hui Kavala. Cette position stratégique a fait l'objet de plusieurs conflits, notamment dans l'antiquité tardive et lors de la première guerre mondiale. Un autre site fortifié a été découvert plus à l'ouest de Néa Karvali. En activité de la fin du VIe au milieu du IVe av., il est considéré comme un comptoir commercial fondé sur la côte par les habitants de Thasos, île qui se trouve au large de Kavala.
Sur le tronçon Grévéna-Panaghia (en direction de l’Épire) 6 sites, essentiellement d’époque hellénistique, ont été identifiés au printemps 2006, à Priona (une agglomération hellénistique), Vélonio (ateliers de potiers et bronziers), Paliomonastirio (un habitat hellénistique servant de centre artisanal et agricole, des tombes suggérant l’emplacement d’une nécropole antérieure à l’habitat).
La fouille d'un nouveau tombeau macédonien (de 6,50 par 4,10m, voûté, comportant deux chambres et une façade à colonnes ioniques) a eu lieu en 2005 à Lefkadia, où se trouvent déjà plusieurs autres tombeaux du même type. C'est d'ailleurs l'aménagement d'une voie d'accès à la célèbre "tombe du Jugement" qui a permis la découverte du nouveau tombeau, qui a été pillé, mais où quelques restes (des perles, des vases à parfums) ont rendu possible la datation à la fin du IVe ou au début du IIIe siècle av JC, et l'attribution à une femme.
De même, à Spilia Eordias, sur la commune d’Aghia Paraskevi, le probable cimetière d'une cité antique encore non déterminée a permis de connaître fin 2005 une nouvelle tombe macédonienne à deux chambres et façade dorique, et à côté de celle-ci une tombe taillée dans le roc encore inviolée et contenant les restes incinérés de 4 défunts, avec de nombreux objets en céramique et en métal de fabrication locale ; cette tombe a été en usage du IIe s av à la fin du Ier ap.
Un site néolithique exceptionnel par son état de conservation et sa localisation dans les Balkans a été fouillé en 2005 à Avgi, près de Kastoria. Daté du milieu du VIe millénaire av, le site, occupé jadis par une communauté rurale, a fourni de la céramique, des outils, une vingtaine de figurines humaines et animales, des flûtes en os, des sceaux en argile, des perles d’ambre, de malachite et surtout les vestiges de 4 bâtiments qui fournissent des renseignements intéressants sur la technique de construction de l'époque : une armature de poteaux en bois, comblée avec de la paille et de l'argile, avec peut-être la présence d’un étage. On envisage une mise en valeur du site avec des reconstructions réelles ou virtuelles.
En 2005 deux nouveaux sites, occupés durant la période 6000-5500 av JC, ont été détectés (lors de travaux pour le passage d’une ligne à haute tension) ; le plus important, près de Ptolemaïda, comporte des vestiges intéressants de technique agricoles ; un pendentif en or, de 4500 av, et une idole de pierre ont aussi été trouvés à proximité. Le second, près de Grevena a fourni de rares figurines et des traces d'industrie lithique.