La construction de la voie ferrée Corinthe-Kiato a occasionné de multiples découvertes : on a repéré sur une quinzaine de mètres les Longs-Murs qui reliaient Corinthe au port du Léchaion, murs qui avaient été vainement recherchés dès le XIXe siècle, et on a trouvé parallèlement à ces murs une canalisation utilisée pour alimenter les demeures en eau ou pour l’irrigation. Les découvertes les plus nombreuses proviennent de nécropoles : des tombes à ciste, des offrandes datant de l’époque géométrique à l’époque paléochrétienne ; et même des grenades (les fruits !) vieilles de 2500 ans ont été retrouvées en bon état dans un panier tressé, lui-même placé dans une urne en bronze hermétiquement close, dont l'oxydation a permis la bonne conservation du contenu. Les archéologues pensent qu’il s’agissait probablement d’une sépulture féminine, la grenade étant considérée comme un symbole de fertilité.
Les mêmes travaux près de Sicyone ont confirmé la présence d’un habitat mycénien grâce à la découverte de tombes de l’Helladique Récent. On y a découvert aussi une nécropole d’époque classique.
En outre, deux sarcophages en pierre datés de la période 900-875 av ont été découverts en 2004 par l’école américaine d’archéologie à Corinthe. Leur ancienneté, leur taille et leur poids (3,3 et 1, 8 tonnes) en font des objets exceptionnels car on ne pensait pas que de tels objets puissent exister avant le VIIe siècle.
Découvrir Corinthe : voir le site corinth.sas.upenn.edu/corinth.html (en anglais).
Hélikè est une ville d'Achaïe, située au bord du golfe de Corinthe, fut fondée à l'époque mycénienne et détruite par un séisme en 373 av. qui l'engloutit sous les flots. Pausanias avait vu le bras d'une statue émergeant de la mer. On savait que le site se trouvait à 40 stades (un peu plus de 7 km) d'Aigion, à l'est du fleuve Sélinountas. On l'a longtemps cherchée sous les flots, mais on vient de retrouver ses probables vestiges à la distance annoncée, mais sur la terre ferme ; le rivage a changé de forme depuis l'Antiquité, ce qui explique que des zones jadis submergées se trouvent aujourd'hui sur la terre ferme. Des fouilles sur un terrain privé à Nikoleïka, sur la commune de Diakopto, ont fait apparaître les vestiges d'un temple d'époque géométrique, probablement de Poséidon, en raison du type d'offrandes découvertes (statuettes de chevaux, représentations de chars…). Un temple de Poséidon à Hélikè est mentionné par Homère, et les sources antiques indiquent qu'il était au centre de la ville. Le temple est à abside (comme d'autres de la même époque), et présente des vestiges significatifs (les murs sont préservés sur 1 m de hauteur à certains endroits). On a aussi retrouvé sous le temple un autel plus ancien (fin IXe ou début VIIIe siècle) en très bon état. A proximité un amas de cendres d'animaux sacrifiés et beaucoup d'ustensiles culinaires attestent l'existence de repas rituels. Les fouilles sont à poursuivre et les terrains à exproprier, pour avoir la chance de trouver un site dont aucun vestige n'est postérieur à 373 av. JC. La découverte a été présentée lors d'un congrès sur la Grèce des "âges obscurs" qui s'est tenu à Volos du 15 au 17 juin 2007.
Des fouilles précédentes ont fait apparaître de nombreux vestiges sur la commune proche de Rizomilos. www.helike.org/index.shtml
A Élis, cité qui a si longtemps géré le sanctuaire d'Olympie, on a découvert en 2004 (près de l’ancien musée) 25 sépultures de la fin du néolithique et du début de l'âge du bronze. Les tombes sont creusées dans la terre et ont connu plusieurs inhumations successives. Les défunts ont les jambes repliées, et ont été ensevelis avec des poteries (une centaine de vases) et des bijoux. Le bon état de conservation des squelettes va permettre une étude anthropométrique précieuse. Seuls deux autres cimetières de la même époque étaient connus jusqu'à présent dans le Péloponnèse, l'un à Épidaure, l'autre à Kalamaki (en Achaïe). Dans le même secteur, on a aussi découvert un four de potier et un atelier de l’époque hellénistique.
Les fouilles de 2005 ont fait apparaître ou confirmé l’existence d’un culte de Dionysos : l’inscription d’un siège du théâtre indique qu’il est réservé au prêtre de Dionysos, et une autre inscription mentionne un concours en l’honneur du dieu. Par ailleurs à l’angle nord-ouest de l’agora on a identifié le sanctuaire de Messéné, reine mythique des Messéniens, là où l’on croyait que se trouvait le culte de Zeus Sôter.
Le site de l’ancienne Messène (village actuel de Mavromati) fait l’objet d’importants travaux de restauration et de mise en valeur. Consultez le site www.ancientmessene.gr/en-index.html (en grec ou en anglais).
Le bilan des fouilles de 2006 est remarquable : le temple d’Artémis Limnatida a été identifié sur les pentes du mont Ithômé, mais c’est sur l’agora que se sont particulièrement concentrées les recherches. La découvertes de deux mensae ponderariae (tables de pierre pour vérifier les mesures) a permis de localiser le local des agoranomes, mais surtout c’est le Trésor de la cité qui a été découvert. Il s’agit d’une construction souterraine de 3X3 m, aménagée à la fin du IVe ou au début du IIIe siècle, qui était fermée par deux lourdes poutres de pierre supportant un couvercle de pierre pesant plus de deux tonnes. Du contenu, pillé dans l’Antiquité, on n’a rien retrouvé. Ce trésor est lié à un épisode historique dramatique : c’est là que Philopoemen, général de la Ligue Achéenne, capturé par des Messéniens, fut emprisonné et périt empoisonné en 183 av. JC (cf. Plutarque, Vie de Philopoimen, XIX, 4).
Les fouilles de Petros Themelis à Messène ont produit des résultats significatifs au cours de la campagne 2007 : le bouleutérion primitif du IVe av, situé près de l’agora, ayant la forme d’une salle hypostyle de 20 X 50 m (ce bâtiment n’était pas connu jusque-là, car il a cessé d’être utilisé au Ier ap, et Pausanias qui a visité Messène au siècle suivant ne l’a pas vu) ; le premier témoignage épigraphique mentionnant la cité de Pylos ; 12 bases de statues d’empereurs romains (près du temple de Messéné récemment identifié) ; un quartier d’habitations privées luxueuses d’époques hellénistique et romaine à proximité du théâtre.
Une tombe mycénienne collective taillée dans la roche a été mise à jour en 2004 à Péristéri (environ 47 km au sud de Sparte). Elle abritait les squelettes de 8 adultes et d'un enfant ; parmi le matériel funéraire, dont la datation s'échelonne entre 1340 et 1050 av. JC. : des vases en céramique, un sceau en stéatite, des objets en bronze (dont un rasoir et des pinces à épiler).
Programme de fouilles du Mont Lykaion : les fouilles systématiques de l'université d'Arizona ont commencé en 2004. Voir le site du projet (en anglais) corinth.sas.upenn.edu/lykaion/lykaion.html
La Trézène de l’âge du bronze, liée au mythe de Thésée, doit être cherchée non pas sous les ruines de la cité classique, à côté de l’agglomération contemporaine du même nom, mais un peu plus à l’est au bord de la mer, à une dizaine de kilomètres; sur la commune de Galata. Au lieu-dit Mégali Magoula on a retrouvé trois tombes à tholos mycéniennes. La plus ancienne (XVIe siècle) d’un diamètre de 5 mètres ne comporte pas de couloir d’accès. La plus récente (XIIIe siècle) a un diamètre de 3,80 m. La tholos la plus grande a 11 mètres de diamètre et était recouverte par un tumulus de 60 m de diamètre. Datée du XVe siècle, elle est comparable à la tombe d’Égisthe de Mycènes. Elle a été pillée, mais on y a retrouvé quand même des bijoux en or et une amphore en provenance de Canaan. Ces résultats ont été présentés au IIe congrès international d’histoire et archéologie du golfe Saronique qui s’est tenu à Méthana fin juin 2006.
Argos
Des fouilles de sauvetage sur un terrain privé à l'angle des rues Korinthou et Hiras, où se trouve une nécropole antique, ont conduit à la découverte en mai 2007 d'une urne funéraire en bronze du début du VIIe av (transition entre les époques géométrique et archaïque). L'urne contenait des cendres et ossements, et, trouvaille hors du commun, des restes organiques : des grenades séchées (fruit lié symboliquement au monde infernal), et surtout un fragment de tissu, protégés de la destruction par l'oxydation du bronze. La découverte est importante, car on possède très peu de restes de tissus antiques (en Grèce même, on ne peut citer des trouvailles qu'à Éleusis, Lefkandi, Vergina), surtout aussi anciens, et la crémation n'était pas une coutume courante dans la région (d'autres sépultures de la même nécropole étaient des inhumations) ; elle a peut-être été adoptée par la famille du défunt par souci de se distinguer, sous l'influence des poèmes homériques.