philalithia

Civilisations antiques en Libye

Présentation géographique de la Libye

carte de la Libye

Limitée à l’Ouest par la Tunisie et l’Algérie, au sud par le Tchad et le Niger, à l’est par le Soudan et l’Égypte, la Libye est baignée au nord par la Méditerranée sur 1820 km et s’étend sur une superficie de 1 759 000 km², plus de 3 fois celle de la France. La population est estimée à 6 millions d’habitants (3, 4 ha/ km²).

Le pays comporte deux îlots au climat méditerranéen au nord, la Tripolitaine à l’ouest, la Cyrénaïque à l’est. Le désert occupe 90% du territoire, et comporte 3 régions : le désert de Sirte au nord, le désert libyque (occupant une partie de la Libye et de l’Égypte), le Fezzan (quart sud-ouest de la Libye saharienne).

Histoire

La présence humaine est attestée il y a un million d’années et se poursuit durant tout le paléolithique. Au néolithique, des chasseurs et bergers nomades circulent dans le Sahara qui est alors une savane. Au IIe millénaire ces peuplades nomades émigrent vers le sud en raison de la désertification progressive du Sahara et commencent à faire des incursions en Égypte. Seshonq, un prince de l'une de ces tribus proto-berbères, les "Lebou" (nom donné par les Égyptiens, à l'origine du nom "Libye") sera même le fondateur de la XXIIe dynastie qui règnera environ de 945  à 730 av. JC.

A partir du VIIe siècle av. la Libye va connaître parallèlement la présence grecque à l’est (fondation de Cyrène en 631) et la présence punique à l’ouest (fondation de comptoirs carthaginois à la fin du VIe siècle av) ; au IVe siècle, la limite d’influence entre Grecs et Puniques est fixée à la hauteur du golfe de Sirte par, selon la tradition, une course menée par des représentants de chacun des deux peuples en provenance de leur cité : les représentants des Carthaginois, les frères Philènes (« amoureux de la gloire »), ayant parcouru une plus grande distance furent accusés de tricherie par les Grecs et enterrés vivants (cf. Salluste, Jugurtha, LXXIX). A partir de 321, la Cyrénaïque passe sous la domination des Lagides (dynastie qui règne sur l’Égypte hellénistique), tandis qu’en 202 la défaite carthaginoise (deuxième guerre punique) permet aux cités de Tripolitaine d’acquérir leur autonomie.

Au Ier siècle av. JC, les deux régions, Cyrénaïque et Tripolitaine connaissent la domination des Romains, mais en 27 av., lors de l’organisation de l’empire par Auguste, la Tripolitaine est rattachée à la province d’Afrique administrée depuis Carthage (elle aura donc un destin « occidental »), et la Cyrénaïque forme une autre province avec la Crète (elle aura donc un destin « oriental »). Les tribus libyennes du sud restent autonomes et connaîtront de nombreux conflits avec les Romains.

IIe-IIIe siècles : apogée des cités de Tripolitaine et Cyrénaïque ; un limes (zone frontière) sépare les régions urbanisées des peuples nomades. L’influence de l’empereur Septime Sévère, né à Lepcis Magna contribue à l’éclat de la région.

IVe-Ve : le christianisme se répand.

365 ap JC : un terrible séisme ravage toute l’Afrique du Nord.

Ve-VIe : attaques des Vandales en Tripolitaine. Prospérité de la Cyrénaïque sous influence byzantine.

VIIe-XIe siècles : conquête arabe et résistance berbère.

À partir du XIe siècle : migration de tribus nomades venues de Basse-Égypte. Jusqu’au milieu du XVIe siècle, la  Libye sera le théâtre de rivalités et affrontements entre les tribus, les Berbères, etc., avec l’intervention des États noirs du sud, des Normands, des Espagnols…

XVIe-XIXe siècles : après la prise de Tripoli par le corsaire turc Dragut, domination ottomane, malgré une période d’autonomie de 1722 à 1835 (dynastie des Qaramanli)

1911-1945 : colonisation italienne ; la  Libye va être le théâtre d’opérations pendant la deuxième guerre mondiale (batailles de Tubruk, de Bir-Hakeim…)

1951 : l’ONU entérine l’indépendance de la  Libye qui devient un royaume fédéral dirigé par Idriss Ier.

1956 : découverte du premier gisement de pétrole ; cette nouvelle source de revenus va complètement modifier le visage de la Libye.

1969 : le roi est déposé par un groupe d’officiers avec à leur tête Moammar Kadhafi, lequel prend la tête d’une république qui deviendra en 1977 la Jamahiriya (=république des masses) arabe libyenne populaire et socialiste.

1988-89 : des attentats contre des avions de la  Panam et UTA provoquent un embargo international contre la Libye, qui va durer de 1992 à 1999.

1991 : début des travaux de la Grande Rivière artificielle, ensemble de canalisations qui doit amener l’eau fossilisée du désert vers la côte.

Les peuples de la Libye antique

Pour Hérodote, au Ve siècle av., le terme « Libye » désigne toute la partie connue de l’Afrique. Il présente les peuples de Libye dans le livre IV de son Enquête (§ 168 à 199). Il distingue les peuples étrangers (Phéniciens et Grecs) des tribus nomades autochtones : « Éthiopiens » au sud, Libyens au nord, parmi lesquels il mentionne notamment, sur le littoral, les Nasamons, les Psylles, les Lotophages à l’extrême ouest, rendus célèbres par l’Odyssée, et au sud du désert les Ammoniens et les Garamantes.

Il faut se garder de voir dans tous ces peuples des barbares peu évolués comme le laissent entendre certains textes antiques. De récentes études ont montré que les Garamantes, dont la présence est attestée de 900 av. à 500 ap. JC, en particulier, constituaient un état saharien de première grandeur et une civilisation à part entière (cf. D. Mattingly, Antiquités africaines, 37, 45, 2001.)

En savoir plus