L'actualité des recherches concernant le site d'Akrotiri et l'éruption volcanique du IIe millénaire av. JC.
L'université de Princeton est en train de mettre au point un programme de reconstitution des fresques par traitement informatique des fragments existants. Les premiers résultats semblent prometteurs.
Voir l'article sur le site de l'université (il y a également une petite vidéo expliquant le processus) :
http://www.princeton.edu/main/news/archive/S21/86/52G22/index.xml?section=featured
Avril 2007 : des pierres ponces qui proviendraient de l'explosion du volcan ont été trouvées dans le Sinaï, près de Qantara, à 7 km du rivage, soit environ 850 km de Santorin. Toutefois selon le vulcanologue G. Vougioukalakis (Institut grec de Géologie), ce n'est pas l'explosion qui a envoyé ces pierres dans le Sinaï, mais ce sont plutôt des courants marins. Des roches éjectées par le volcan ont été trouvées jusqu'à présent en Crète, dans le sud-ouest de la Turquie, et dans le delta du Nil. L'explosion du volcan est selon certains savants la cause des "dix plaies d'Égypte" évoquées par la tradition. Les roches du Sinaï se trouvent sous une fortification datée de la XVIIIe dynastie ; leur identification reste à confirmer par une étude géologique précise.
Une équipe d’exploration océanographique gréco-américaine, sous la houlette d’Haraldur Sigurdsson (Université de Rhodes Island) a mené au printemps 2006 une série d’explorations concernant les fonds sous-marins de la Mer Noire, de la Mer de Crète, et de l’archipel de Santorin. L’examen de la zone de Santorin a conduit à plusieurs observations. Tout d’abord, l’éruption du IIe millénaire aurait généré 60 km3 de magma (6 fois plus que l’éruption du Krakatoa en 1883), alors qu’une évaluation précédente (1991) avait conclu à 39 km3 sur la base d’observations terrestres des dépôts de cendres trouvés en Crète, Turquie, Égypte…
L’éruption est donc nettement plus importante que prévu. L’exploration sous-marine a repéré un anneau de dépôts volcaniques haut de 10 à 80 m et large de30 km tout autour de Santorin. Par ailleurs, l’exploration de l’îlot de Kolumbo, à 5 km au nord-est de Santorin, a montré la présence de cheminées hydrothermales émettant des gaz atteignant une température de 220°, signe d’une activité volcanique toujours présente.
Il faut semble-t-il faire une nouvelle estimation de la puissance destructrice du cataclysme qui s’est produit au XVIIe siècle av JC (cf. ci-dessous pour la datation), même si l’on ignore encore s’il y a eu une unique énorme explosion ou une série de d’éruptions d’ampleur moindre.
Sigurdsson, H., et al. (2006), Marine Investigations of Greece's Santorini Volcanic Field, Eos Trans. AGU, 87(34), 337.
Plus d'informations (en anglais) :
www.uri.edu/endeavor/thera/ : le site de l'Université de Rhodes Island consacré à l'expédition de Théra.
www.oceanexplorer.noaa.gov/explorations/06blacksea/ : le site du projet Égée et Mer Noire.
L’explosion du volcan de Santorin, suivie d’un raz-de-marée et de perturbations climatiques, fut un cataclysme majeur du IIe millénaire av. JC, dont les conséquences ont sans doute dépassé les limites du monde méditerranéen. Jusqu’à présent, la catastrophe était datée vers 1500 av., même si des chronologies différentes étaient proposées par des études dendro-chronologiques et l’analyse de carottages glaciaires qui suggéraient la trace d’un cataclysme majeur entre 1660 et 1645. De nouvelles études publiées dans le magazine Science du 28 avril 2006 confirment une chronologie haute. L’équipe du professeur Manning (Université de Cornell) a fait une analyse au radiocarbone de 127 échantillons en provenance de Santorin, la Crète, Rhodes et la Turquie, ce qui a mené à une datation dans la fourchette 1660-1613 av. De son côté, l’équipe danoise du professeur Friedrich de l’Université d’Aarhus a analysé un fragment d’olivier carbonisé trouvé sur le site d’Akrotiri (recouvert par les cendres volcaniques), et aboutit à une datation autour de 1627-1600. Il faudrait donc bel et bien dater l’éruption à la fin du XVIIe siècle. Cette datation absolue soulève toutefois de multiples difficultés : la date de 1500 avait été calculée en concordance avec la chronologie égyptienne, que l’on croyait définitive. La nouvelle date conduit à situer l’apogée de la civilisation minoenne à l’époque de la domination des Hyksos en Égypte, et non du début du Nouvel Empire (règne de Thoutmosis III). Alors, faut-il revoir toute la chronologie de la Méditerranée orientale ?
A consulter :
Pour la Science, n°344, juin 2006
L. Mangin : Santorin, une éruption revisitée.
Les fresques murales du dernier étage de la xestè 3 ont attiré l'attention des chercheurs par leur rigueur géométrique ; des mesures précises ont permis d'affirmer qu'elles appliquent des prototypes de spirales et de polygones. L'étude des spirales montrent qu'elles appliquent un modèle connu sous le nom de "spirale d'Archimède" et dont la découverte est attribuée à Conon de Samos (ami d'Archimède), au IIIe av. Archimède et ses amis auraient donc eu des précurseurs plus de 13 siècles auparavant.
L'étude des savants grecs qui ont fait la recherche a été publiée en février 2006 dans la revue Archaeometry :
www.blackwell-synergy.com/doi/abs/10.1111/j.1475-4754.2006.00245.x
On peut voir des images des spirales sur le site the therafounation.org.
Voir le site (en français) www.u-bourgogne.fr/STIMULUS/D001/200/700.htm : Santorin, une Pompéi préhistorique.